[59] Sur son histoire et ses enjeux, voir Matthias Marschick, « Mitropa.
- Vérifier les options de retrait (délais, frais, méthodes)
- Chiffrer ses gains nets après impôts et prélèvements
- Déclarer ses gains aux impôts si nécessaire
- Ne pas réinvestir immédiatement l'intégralité des gains
[60] « PV du Comité exécutif de l’URBSFA », 1er février 1964, AGR. [61] « Procès-verbal de la réunion du comité de la Loterie nationale », 6 décembre 1978, Archives de la Loterie nationale.
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[59] Sur son histoire et ses enjeux, voir Matthias Marschick, « Mitropa. [60] « PV du Comité exécutif de l’URBSFA », 1er février 1964, AGR. [61] « Procès-verbal de la réunion du comité de la Loterie nationale », 6 décembre 1978, Archives de la Loterie nationale. 1 En 2013, l’office européen de police, Europol, démantelait un réseau de corruption lié aux paris sportifs, notamment dans le football. L’enquête révéla comment, entre 2008 et 2011, les enjeux financiers générés par le marché des pronostics avaient conduit un réseau criminel asiatique sévissant en Europe à truquer des matches de football avec la complicité de divers acteurs – dirigeants, arbitres ou joueurs.
Paris en direct
Si l’affaire jeta quelque peu l’opprobre sur ce mode de consommation sportive et alerta les instances internationales du sport sur de possibles dérives [1], elle n’entama en rien la popularité de cette pratique, puisque, chaque année, des centaines de millions d’euros sont misés en ligne ou dans les points de vente de différents pays européens. En France, le montant des sommes misées sur internet par les parieurs a battu un nouveau record à l’occasion du dernier championnat d’Europe des nations de 2016 : 156 millions d’euros pour les seuls matches du premier tour, soit davantage que pour tous les matches de la dernière coupe du monde au Brésil en 2014 [2]. 2 Ceci invite à faire l’histoire du marché des paris sportifs dans le football, dont la diffusion en Europe date des années 1920, tant sous des formes légales qu’illégales. Dans l’entre-deux-guerres en effet, non seulement le ballon rond s’affirma comme une pratique de masse, mais il devint un véritable produit économique, que l’on consommait sous différentes formes : assistance aux compétitions, lecture d’une presse spécialisée, achat de chromos artistiques et donc paris sur les résultats. Ces derniers consistaient à miser sur la dizaine de matches d’une journée de championnat de football, en remplissant un bulletin appelé grille, émis par une société spécialisée ou publié dans la presse : pour chaque rencontre, le parieur portait la mention 1, 2 ou N, selon s’il pronostiquait respectivement une victoire de l’équipe jouant à domicile, une victoire de l’équipe jouant à l’extérieur ou un match nul. 1 En 2013, l’office européen de police, Europol, démantelait un réseau de corruption lié aux paris sportifs, notamment dans le football. L’enquête révéla comment, entre 2008 et 2011, les enjeux financiers générés par le marché des pronostics avaient conduit un réseau criminel asiatique sévissant en Europe à truquer des matches de football avec la complicité de divers acteurs – dirigeants, arbitres ou joueurs.
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La Suisse calqua son organisation sur le modèle suédois lors de la création du Sport-Toto en 1937 [5]. La Belgique, quant à elle, connut successivement l’existence de sociétés privées soumises à la libre concurrence, puis la création, en 1956, d’un organisme – l’Institut national d’éducation physique et des sports (INEPS) – chargé de redistribuer aux différentes fédérations sportives les profits issus des paris sur les matches de football, ce qui pourrait laisser croire à l’adoption successive du modèle anglais puis suédois. En réalité, le pays suivit une trajectoire spécifique, ce qui s’explique par un contexte politique particulier – l’occupation allemande, de 1940 à 1944, en est un exemple marquant. Mais le contexte sportif fut, lui aussi, original. Contrairement aux fédérations anglaise ou suédoise, l’Union royale belge des sociétés de football association (URBSFA) possédait un poids financier et des réseaux politiques qui lui permirent de dominer le mouvement sportif belge, y compris le comité national olympique, et de décider à elle seule des orientations à donner au financement du sport dans le pays.
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Autant de particularités qui ont pu conduire la Belgique à emprunter une voie originale dans la gestion des paris sur les rencontres de football. 5 Il importe donc d’analyser avec attention la spécificité du marché belge des paris sportifs et de son évolution, depuis l’apparition des premières firmes, dans les années 1920, jusqu’à leur déclin, à la fin des années 1970. À partir des archives de différents pays, des sources parlementaires belges et de la presse sportive, nous présenterons d’abord l’émergence, au cours de l’entre-deux-guerres, du marché des paris sportifs ou des concours de pronostics, selon l’expression usitée en Belgique francophone. Puis, nous étudierons la manière dont le monde politique et la fédération de football ont réagi, entre la fin des années 1930 et la fin de l’occupation, à l’engouement croissant du public pour cette pratique. Enfin, nous analyserons les principales évolutions survenues dans le monde des paris sportifs entre les lendemains de la Libération et l’intervention de la Loterie nationale dans ce secteur à la fin des années 1970. Si l’affaire jeta quelque peu l’opprobre sur ce mode de consommation sportive et alerta les instances internationales du sport sur de possibles dérives [1], elle n’entama en rien la popularité de cette pratique, puisque, chaque année, des centaines de millions d’euros sont misés en ligne ou dans les points de vente de différents pays européens. En France, le montant des sommes misées sur internet par les parieurs a battu un nouveau record à l’occasion du dernier championnat d’Europe des nations de 2016 : 156 millions d’euros pour les seuls matches du premier tour, soit davantage que pour tous les matches de la dernière coupe du monde au Brésil en 2014 [2]. 2 Ceci invite à faire l’histoire du marché des paris sportifs dans le football, dont la diffusion en Europe date des années 1920, tant sous des formes légales qu’illégales. Dans l’entre-deux-guerres en effet, non seulement le ballon rond s’affirma comme une pratique de masse, mais il devint un véritable produit économique, que l’on consommait sous différentes formes : assistance aux compétitions, lecture d’une presse spécialisée, achat de chromos artistiques et donc paris sur les résultats.
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La Ligue affirmait qu’elle ne « poursuivait aucun but commercial », mais qu’elle cherchait uniquement à « étendre la propagande dans les milieux sportifs », tout en s’assurant des ressources [10]. L’association utilisait donc les paris sportifs à la fois pour sensibiliser le monde du sport au cancer et pour financer les actions contre cette maladie. Cette tradition caritative s’inscrivait dans le cadre de la loi du 31 décembre 1851, qui interdisait les jeux de hasards, notamment les loteries, à l’exception de ceux ayant un but charitable, culturel ou d’utilité publique [11]. 8 En revanche, à l’instar de la Grande-Bretagne, le marché belge des concours de pronostics était aussi investi par des firmes à caractère purement commercial. Certaines étaient la filiale d’un organe de presse, telle celle adossée à la Gazet van Antwerpen ; d’autres étaient des entreprises exclusivement vouées aux paris sportifs, à l’exemple de la plus importante d’entre elles, Prior.
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Cette société avait été fondée en 1931, dans un débit de boissons de Tournai, par un cafetier, un clerc de notaire, un négociant en spiritueux, un comptable et un marchand d’articles de sport [12]. Elle connut une croissance très rapide, de sorte qu’à la fin des années 1930, elle employait douze personnes à plein temps et trente personnes à temps partiel, ces dernières étant recrutées essentiellement pour le dépouillement des bulletins de jeu. Le chiffre d’affaires des firmes commerciales était sans commune mesure avec celui des sociétés sans but lucratif : en 1938, la recette mensuelle brute de la firme Prior pour le seul mois de novembre s’éleva à 7,78 millions de francs belges, quand la recette annuelle brute de la société du Tilleur ne fut que de 4,74 millions [13]. La société tournaisienne fut même considérée comme une concurrence sérieuse pour la loterie coloniale organisée par l’État : d’après le conseil d’administration de cette dernière, Prior lui avait fait perdre entre 6 et 7 millions de francs belges en 1938 et 1939 [14]. Ces derniers consistaient à miser sur la dizaine de matches d’une journée de championnat de football, en remplissant un bulletin appelé grille, émis par une société spécialisée ou publié dans la presse : pour chaque rencontre, le parieur portait la mention 1, 2 ou N, selon s’il pronostiquait respectivement une victoire de l’équipe jouant à domicile, une victoire de l’équipe jouant à l’extérieur ou un match nul. 3 L’espoir, partagé par des centaines de milliers de parieurs, de faire fortune grâce à leurs connaissances et à leur analyse du football, s’est accompagné d’autres enjeux non moins considérables à l’échelle collective. C’est ce que démontrent les travaux pionniers de Mike Huggins, Mark Clapson et Johan R.
| Risque | Conséquence | Bonne pratique | Priorité |
|---|---|---|---|
| Addiction | Problèmes financiers et personnels | Fixer une limite de dépôt | Haute |
| Manque d'analyse | Pertes répétées | Étudier les stats avant de parier | Haute |
| Pari émotionnel | Mauvaises décisions | Éviter de parier sur son club | Moyenne |
| Chasse aux pertes | Aggravation des pertes | Accepter une perte et s'arrêter | Haute |
Norberg sur l’Angleterre et la Suède [3]. En effet, ces deux pays connurent deux modèles très différents d’organisation et de développement du marché des pronostics. Outre-Manche, malgré l’opposition des caciques de la fédération, de la ligue professionnelle de football et d’une partie du monde politique, une législation peu restrictive permit, à partir de 1922, la constitution de plusieurs sociétés spécialisées et, par voie de conséquence, l’émergence d’un marché fortement concurrentiel. Ces firmes furent uniquement soumises à une taxe sur les revenus puis, après 1945, à une surtaxe sur les bénéfices. La plus importante, Littlewoods, connut un développement tel, qu’elle put diversifier son activité en créant la célèbre chaîne de magasins éponyme [4].
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3 L’espoir, partagé par des centaines de milliers de parieurs, de faire fortune grâce à leurs connaissances et à leur analyse du football, s’est accompagné d’autres enjeux non moins considérables à l’échelle collective. C’est ce que démontrent les travaux pionniers de Mike Huggins, Mark Clapson et Johan R. Norberg sur l’Angleterre et la Suède [3]. En effet, ces deux pays connurent deux modèles très différents d’organisation et de développement du marché des pronostics. Outre-Manche, malgré l’opposition des caciques de la fédération, de la ligue professionnelle de football et d’une partie du monde politique, une législation peu restrictive permit, à partir de 1922, la constitution de plusieurs sociétés spécialisées et, par voie de conséquence, l’émergence d’un marché fortement concurrentiel.
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Ces firmes furent uniquement soumises à une taxe sur les revenus puis, après 1945, à une surtaxe sur les bénéfices. La plus importante, Littlewoods, connut un développement tel, qu’elle put diversifier son activité en créant la célèbre chaîne de magasins éponyme [4]. À l’inverse, en Suède, où un marché illégal s’était développé à partir du début des années 1920, le gouvernement social-démocrate intervint en 1934 pour fonder une société d’État jouissant d’un monopole et dénommée Tipsjanst. Ses recettes étaient en partie réinvesties dans les politiques sportives, sociales bet cash out paris sportif et culturelles menées par l’État suédois. 4 C’est à la lumière de ces deux modèles que l’on est naturellement tenté de jauger le cas de la Suisse et de la Belgique, qui furent les seuls autres pays européens à légaliser les paris sportifs sur le football avant la Seconde Guerre mondiale. À l’inverse, en Suède, où un marché illégal s’était développé à partir du début des années 1920, le gouvernement social-démocrate intervint en 1934 pour fonder une société d’État jouissant d’un monopole et dénommée Tipsjanst. Ses recettes étaient en partie réinvesties dans les politiques sportives, sociales bet cash out paris sportif et culturelles menées par l’État suédois.
| Élément | Détail | Utilité pour le pari |
|---|---|---|
| Classement | Position dans le championnat | Évaluer la forme et la motivation |
| Stats offensives/défensives | Buts marqués/encaissés (moyenne) | Parier sur Over/Under ou GG/NG |
| Composantes probables | Liste des joueurs titulaires | Impact des absences clés |
| Arbitre | Nom et statistiques (cartes, pen.) | Risque de cartons/penaltys |
| Météo | Conditions prévues | Impact sur le jeu et le score |
4 C’est à la lumière de ces deux modèles que l’on est naturellement tenté de jauger le cas de la Suisse et de la Belgique, qui furent les seuls autres pays européens à légaliser les paris sportifs sur le football avant la Seconde Guerre mondiale.
- Paris sur le nombre de corners : analyser les tendances offensives
- Paris sur les cartons : étudier l'arbitre et l'agressivité des équipes
- Paris "buteur" : cotes attractives mais risque élevé
- Paris sur le score exact : difficile mais rémunérateur
- Handicap asiatique : permet d'équilibrer les cotes
La Suisse calqua son organisation sur le modèle suédois lors de la création du Sport-Toto en 1937 [5]. La Belgique, quant à elle, connut successivement l’existence de sociétés privées soumises à la libre concurrence, puis la création, en 1956, d’un organisme – l’Institut national d’éducation physique et des sports (INEPS) – chargé de redistribuer aux différentes fédérations sportives les profits issus des paris sur les matches de football, ce qui pourrait laisser croire à l’adoption successive du modèle anglais puis suédois. En réalité, le pays suivit une trajectoire spécifique, ce qui s’explique par un contexte politique particulier – l’occupation allemande, de 1940 à 1944, en est un exemple marquant. Mais le contexte sportif fut, lui aussi, original. Contrairement aux fédérations anglaise ou suédoise, l’Union royale belge des sociétés de football association (URBSFA) possédait un poids financier et des réseaux politiques qui lui permirent de dominer le mouvement sportif belge, y compris le comité national olympique, et de décider à elle seule des orientations à donner au financement du sport dans le pays.
| Terme | Signification | Exemple d'utilisation |
|---|---|---|
| Cote | Multiplicateur de la mise en cas de gain | "La cote pour la victoire est de 1.80" |
| Live/In-Play | Parier pendant que le match se déroule | "Je mise en live sur le prochain buteur" |
| Cash Out | Option pour clôturer un pari avant la fin | "Je cash out pour sécuriser un petit gain" |
| Accumulateur (Combiné) | Pari multiple liant plusieurs sélections | "Mon combiné à 4 matchs a rapporté gros" |
| Freebet | Mise gratuite offerte par l'opérateur | "J'utilise mon freebet de 10€" |
Autant de particularités qui ont pu conduire la Belgique à emprunter une voie originale dans la gestion des paris sur les rencontres de football. 5 Il importe donc d’analyser avec attention la spécificité du marché belge des paris sportifs et de son évolution, depuis l’apparition des premières firmes, dans les années 1920, jusqu’à leur déclin, à la fin des années 1970. À partir des archives de différents pays, des sources parlementaires belges et de la presse sportive, nous présenterons d’abord l’émergence, au cours de l’entre-deux-guerres, du marché des paris sportifs ou des concours de pronostics, selon l’expression usitée en Belgique francophone. Puis, nous étudierons la manière dont le monde politique et la fédération de football ont réagi, entre la fin des années 1930 et la fin de l’occupation, à l’engouement croissant du public pour cette pratique. Enfin, nous analyserons les principales évolutions survenues dans le monde des paris sportifs entre les lendemains de la Libération et l’intervention de la Loterie nationale dans ce secteur à la fin des années 1970. 6 Au début des années 1920, le tribunal correctionnel de Liège interdit au supporter-club du Standard de Liège d’organiser des paris sur les matches de football. Quoique l’objectif des membres de ce club fût de financer les déplacements qu’ils effectuaient pour soutenir leur équipe lors de ses matches à l’extérieur [6], la justice considéra que ces concours de pronostics étaient illégaux, car ils étaient assimilables à un jeu de hasard et, comme tels, prohibés par l’article 305 du Code pénal [7].
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Or, malgré la confirmation de cette condamnation par la cour d’appel puis la cour de cassation [8], les mises sur les matches de football se poursuivirent et un nouveau secteur d’activité émergea. Les entreprises spécialisées se multiplièrent, en privilégiant le système des paris mutuels, encore appelés pools, c’est-à-dire qu’elles ne garantissaient pas des sommes fixes aux vainqueurs, mais un pourcentage sur le montant total des sommes collectées. À la fin des années 1930, le marché belge des paris sportifs comptait pas moins d’une cinquantaine d’organisateurs actifs [9]. 7 L’une des originalités de ce marché était toutefois qu’il comportait en son sein des sociétés à but non lucratif, situation inconnue en Grande-Bretagne, en Suède ou en Suisse. Celles-ci avaient pour seul objectif de reverser les bénéfices à des œuvres de bienfaisance ou à des organisations reconnues d’utilité publique, jusqu’à hauteur de 30 % des recettes brutes. Ce fut le cas, par exemple, de la société du Tilleur, dans la région de Liège, dont les principaux bénéficiaires étaient l’URBSFA, les Œuvres bet meilleur offre paris sportif en ligne nationales contre la tuberculose et la Ligue nationale contre le cancer. Cette dernière organisait elle-même des paris sur les matches de football. Son organe officiel, L’Opinion publique, publiait chaque concours, avec son bulletin de jeu, dans un supplément intitulé Sporting. La Ligue affirmait qu’elle ne « poursuivait aucun but commercial », mais qu’elle cherchait uniquement à « étendre la propagande dans les milieux sportifs », tout en s’assurant des ressources [10]. L’association utilisait donc les paris sportifs à la fois pour sensibiliser le monde du sport au cancer et pour financer les actions contre cette maladie. Cette tradition caritative s’inscrivait dans le cadre de la loi du 31 décembre 1851, qui interdisait les jeux de hasards, notamment les loteries, à l’exception de ceux ayant un but charitable, culturel ou d’utilité publique [11]. 8 En revanche, à l’instar de la Grande-Bretagne, le marché belge des concours de pronostics était aussi investi par des firmes à caractère purement commercial. Certaines étaient la filiale d’un organe de presse, telle celle adossée à la Gazet van Antwerpen ; d’autres étaient des entreprises exclusivement vouées aux paris sportifs, à l’exemple de la plus importante d’entre elles, Prior. Cette société avait été fondée en 1931, dans un débit de boissons de Tournai, par un cafetier, un clerc de notaire, un négociant en spiritueux, un comptable et un marchand d’articles de sport [12]. Elle connut une croissance très rapide, de sorte qu’à la fin des années 1930, elle employait douze personnes à plein temps et trente personnes à temps partiel, ces dernières étant recrutées essentiellement pour le dépouillement des bulletins de jeu. Le chiffre d’affaires des firmes commerciales était sans commune mesure avec celui des sociétés sans but lucratif : en 1938, la recette mensuelle brute de la firme Prior pour le seul mois de novembre s’éleva à 7,78 millions de francs belges, quand la recette annuelle brute de la société du Tilleur ne fut que de 4,74 millions [13].
- Les paris sportifs ne sont pas un investissement
- Ils doivent rester une activité de loisir avec un budget dédié
- Reconnaître les signes de pratique excessive
- Utiliser le site Joueurs-Info-Service en cas de difficulté
- Se fixer des limites de temps et d'argent
- Ne pas emprunter d'argent pour parier
- Éviter de parier sous l'influence de l'alcool ou des émotions
- Parler de sa pratique avec son entourage
La société tournaisienne fut même considérée comme une concurrence sérieuse pour la loterie coloniale organisée par l’État : d’après le conseil d’administration de cette dernière, Prior lui avait fait perdre entre 6 et 7 millions de francs belges en 1938 et 1939 [14].
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6 Au début des années 1920, le tribunal correctionnel de Liège interdit au supporter-club du Standard de Liège d’organiser des paris sur les matches de football. Quoique l’objectif des membres de ce club fût de financer les déplacements qu’ils effectuaient pour soutenir leur équipe lors de ses matches à l’extérieur [6], la justice considéra que ces concours de pronostics étaient illégaux, car ils étaient assimilables à un jeu de hasard et, comme tels, prohibés par l’article 305 du Code pénal [7]. Or, malgré la confirmation de cette condamnation par la cour d’appel puis la cour de cassation [8], les mises sur les matches de football se poursuivirent et un nouveau secteur d’activité émergea. Les entreprises spécialisées se multiplièrent, en privilégiant le système des paris mutuels, encore appelés pools, c’est-à-dire qu’elles ne garantissaient pas des sommes fixes aux vainqueurs, mais un pourcentage sur le montant total des sommes collectées. À la fin des années 1930, le marché belge des paris sportifs comptait pas moins d’une cinquantaine d’organisateurs actifs [9].
Qualité des cotes sur le foot
7 L’une des originalités de ce marché était toutefois qu’il comportait en son sein des sociétés à but non lucratif, situation inconnue en Grande-Bretagne, en Suède ou en Suisse. Celles-ci avaient pour seul objectif de reverser les bénéfices à des œuvres de bienfaisance ou à des organisations reconnues d’utilité publique, jusqu’à hauteur de 30 % des recettes brutes. Ce fut le cas, par exemple, de la société du Tilleur, dans la région de Liège, dont les principaux bénéficiaires étaient l’URBSFA, les Œuvres bet meilleur offre paris sportif en ligne nationales contre la tuberculose et la Ligue nationale contre le cancer. Cette dernière organisait elle-même des paris sur les matches de football. Son organe officiel, L’Opinion publique, publiait chaque concours, avec son bulletin de jeu, dans un supplément intitulé Sporting.
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